Dossier | Montréal | Le destin brisé de Notre-Dame Est (2 articles)

La Presse - 14/07
Un sondage récent l’a encore une fois confirmé : la rue Notre-Dame Est est la pire route du Grand Montréal. Avec ses milliers de nids-de-poule, son offre de transport collectif famélique et ses campements de sans-abri qui s’étirent sur des kilomètres, l’artère affiche aujourd’hui des allures postapocalyptiques, écrit notre chroniqueur. Le résultat de décennies de promesses brisées.

« On va faire Moïse et la séparation des eaux. »

Publié à 5 h 00

Jean-Mari Dufresne m’a lancé cette phrase pendant une virée dans son ambulance, au printemps 2025. On venait de déboucher dans la rue Notre-Dame Est, près de Pie-IX, quand l’appel est entré : coup de feu au Vieux-Port.

L’urgence était absolue, mais comme d’habitude : rien ne bougeait dans l’artère qui longe les installations du port de Montréal. Pare-chocs à pare-chocs.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

La congestion automobile est omniprésente.

Malgré sa sirène et ses gyrophares, l’ambulancier a été incapable de se faufiler entre les véhicules bien cordés. Il a dû zigzaguer dans les voies en direction inverse pour nous extirper du bouchon. Chaque trou dans la chaussée a fait couiner sa suspension de façon inquiétante.

Il n’y a pas eu de miracle ce jour-là.

Mais la rue Notre-Dame Est en aurait bien besoin, tellement sa situation est rendue désespérante.

L’artère a reçu le titre peu enviable de pire rue de la métropole, selon un sondage réalisé par CAA-Québec. Entre ses nids-de-poule géants, ses crevasses abyssales et sa chaussée décrépite, elle ressemble par endroits à une zone bombardée.

Ma seule surprise est qu’elle ne remporte pas la palme pour tout le Québec – elle arrive au 11e rang provincial.

  • PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    Les campements se multiplient le long de l’artère.

  • PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

    L’endroit est devenu l’un d...
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